El Camino del humbre 

Mi novembre, au moment où le climat belge et le changement d’heure instaurent la mélancolie dans le cœur de mes compatriotes, je décide d’aller trailer dans les Baleares avec un pote. Achat de cartes, pointages des sources certaines  et des moins certaines sur notre parcours , recherche sur forums des bons spots… Notre trace est bouclée. Elle fait tout juste 100 km et un peu plus de 5000 d+. Pour rajouter du sport, on décide de le tenter en une étape. Ça sera donc le plus long off à mon actif.
Aéroport de Charleroi, aéroport de Palma, un hôtel, un bus, un taxi et nous voilà à Sant Elm, une petite station balnéaire, pour un dernier petit brunch. On a misé sur un départ à 14h afin de pouvoir se faire un dernier petit resto avant d affronter la nuit.

La première montée est large et sinueuse mais dès les premiers cents mètres, le décor est de rêve. Derrière nous, la plage et ses criques secrètes. Devant nous, le col. A côté, les chèvres sauvages (et mon pote mais ils se ressemblent). Une fois au sommet, c’est un tout autre panorama qui s offre à nous.  Notre sentier devient un single qui longe la côte nord, escarpée et en falaise. La monotonie ne fait pas partie de ces 30 premiers kilomètres. Petits hameaux fleuris, sentiers escarpés, traces difficiles à trouver en raison d’éboulements… C’est avec le sourire aux lèvres que nous mettons les frontales. Il nous faut bien cela car, malgré la chaleur estivale de la journée, les nuits se rapprochent plus de l hiver. Allumage à 19h… La sunnto dit qu on l’éteindra  dans 14h… Coup au moral pour le pote, il avait pas réfléchi à ça ! Qu’à cela ne tienne, on s y remet. Direction Banyabulfar où nous espérons trouver portes ouvertes. On fantasme sur le choix du menu : pizza, pâtes… On hésite sur le choix du vin. Ça ne sera rien de tout.  On arrivera à 21h02 et la cuisine a fermé à 21h…Sa race ! Un sprite,un chips, le serveur est quand même d accord pour nous filer de l’eau bouillante pour nos lyophilisés mais pas pour qu’on les mange à table. Ben oui, on peut toujours essayer. Ça sera en compagnie des chats errants sur la place  du village.

On repart dans un single le long de la côte au milieu de pinèdes. Le sentier semble traverser des propriétés privées gigantesques mais nous sommes certains d’être sur le gr. Les aboiements de chiens nous accompagnent. On prie pour être du bon côté de la barrière. Grande forêt à traverser et louons grâce au GPS. Sans lui, peut-être être qu’on y serait encore. Une sublime montée le long d’une crête rocheuse. Nous ne voyons rien mais nous nous doutons que nous sommes haut. Le chemin a été construit par l homme. Des  murs de pierres sèches le completent par moments. Nous arrivons à Deia. Nous décidons de nous poser un peu. La fatigue me fait bailler et nous ne sommes qu’ à la moitié. Il est 4h du matin. Côte à côte, appuyés sur les épaules l’un de l’autre  (oui, je sais, cela fait rêver), nous deballons la couverture de survie et fermons les yeux. Une demie heure plus tard, nos grelottements nous réveillent. On se les gèle. En action direct. Nous prenons des petits chemins qui serpentent entre les différents villages. Nous nous arrêtons à Valdemossa car nous sommes obligés d’y trouver de l’eau. La première fontaine ne fonctionne pas. Nous faisons le tour du village… Si nous n’en trouvons pas. Il faudra attendre que les habitants se réveillent. Sans trop y croire, nous nous dirigeons vers l église. On y trouve toujours de l’eau me dit le pote. On entend un bruit. Est-ce  les égouts ? Non, une belle fontaine qui coule au milieu d’un parking. On sort le réchaud et les pastilles d’essence. Je mets l’eau à bouillir et une petite soupe nous fait le plus grand bien. Nous venons de finir le deuxième morceau de notre trajet.

Un peu de « plat » jusque Soller. On sait que ça va grimper dans pas longtemps et pour un moment. Un petit troquet, dos huevos con bacon, bacadillos… On y va ! La montée est comme on pensait. Interminable. On se parle pas beaucoup. Un chien errant vient nous tenir compagnie. On dirait kilian, il court en montée, va taquiner des chèvres, nous rejoint… Il n’arrête jamais. On a  juste peur de se faire engueuler par les bergers car il met un sacré bordel dans les troupeaux. Nous arrivons au col… Le paysage est celui de la montagne. Une succession de sommets. Peu d arrêt, l envie d en finir en 24 heures est présente mais le chrono aussi. Le chemin est dur. Milles cailloux. Ce gr porte bien son nom. Le gr de la pierre sèche, quoique parfois elle est pas si sèche… La technicité et le cassant du sentier nous empêche de courir. Il en sera de cette façon jusque Lluc, village touristique (où il n y a que un sanctuaire, un Camping et un bistro fermé) dans lequel nous terminons notre trace.

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